Le projet SoSHS est celui d’une métarecherche (d’une recherche sur la recherche). Il étudie la réception des politiques de Science ouverte dans les disciplines de sciences humaines et sociales en utilisant, notamment, les méthodes des humanités et des sciences sociales.
Sciences diversement ouvertes
Dans un monde académique idéalement organisé, tout chercheur devrait avoir librement accès aux produits de la recherche. Chacun devrait pouvoir accéder aux publications scientifiques, mais peut-être également aux données empiriques et aux logiciels de recherche ayant permis de parvenir à ces résultats. Aujourd’hui, de multiples initiatives à l’échelle internationale, nationale, au niveau des établissements ou des unités de recherche travaillent à réaliser cet idéal.
En France, les Plans Nationaux pour la Science Ouverte structurent explicitement cette ambition :
La science ouverte doit devenir la pratique par défaut des chercheurs et constituer un critère d’excellence de la recherche.
Mesurant les effets de ces politiques de recherche, le Baromètre de la Science ouverte recense bien des avancées, notamment une augmentation de 23% du taux d’ouverture des publications entre 2018 et 2025. Cependant, le Baromètre atteste également de disparités disciplinaires importantes dans les pratiques d’ouverture :
Les différences disciplinaires persistent, traduisant des pratiques et des usages différents d’une communauté scientifique à l’autre, avec par exemple 80 % des publications en accès ouvert en Mathématiques et 52 % en Sciences Sociales.
À en croire ces indicateurs, les sciences humaines et sociales sont en retrait du mouvement d’ouverture.
Partant de ce constat, le projet SoSHS, « Science ouverte pour les Sciences Humaines et Sociales » mène une recherche sur la recherche, spécifiquement sur les représentations de la Science ouverte et les pratiques d’ouverture des chercheurs en philosophie, histoire, sociologie, géographie, psychologie, sciences de gestion, littérature, linguistique, musicologie, et ainsi de suite.
Recherche-action sur la recherche lorraine
Le projet mène une recherche au grain des disciplines, en prenant appui sur des données de terrain recueillies auprès des communautés scientifiques d’une université (l’université de Lorraine) et visant à transformer les pratiques des chercheurs au sein de celle-ci (recherche-action).
Recherche-action
Une recherche-action est étude dont la finalité est à la fois la production de nouvelles connaissances et la transformation de la réalité sociale. Adoptant l’approche recherche-action, le projet se donne deux objectifs conjoints :
- Mieux appréhender les facteurs explicatifs, freins et leviers d’action potentiels, relatifs à l’ouverture de la science dans les disciplines de sciences humaines et sociales ;
- Expérimenter des leviers d’action susceptibles d’accroître l’engagement des communautés de sciences humaines et sociales dans les pratiques de science ouverte.
L’université de Lorraine comme terrain
En prenant l’université de Lorraine pour terrain d’étude, le projet tire profit de deux grandes caractéristiques de l’établissement :
- Elle est une université pluridisciplinaire où sont représentées un très large éventail de disciplines apparentées aux sciences humaines et sociales, réparties sur 21 laboratoires. Les taux d’ouverture recensé par le Baromètre Local suggèrent de disparités importantes dans les pratiques d’ouverture.
- Elle dispose de comités Science ouverte, lui permettant de structurer sa politique en la matière. Cela l’a notamment mené à la création de l’atelier ADOC, visant à accompagner et former les chercheurs à la gestion des données, ainsi que du réseau des ambassadeurs Science ouverte, regroupant des chercheurs, enseignants-chercheurs et ingénieurs d’une grande partie des unités de recherche de l’établissement.




